Jean-Daniel Salvat et Till Augustin ont eu l’honneur d’avoir un bel article dans le journal local des DNA. Pour une lecture plus facile, voici ci-dessous une retranscription :

Jean-Daniel Salvat et Till Augustin à la galerie Radial

 » Labyrinthes de couleurs dont on ne verrait que le graphisme, la forme cristallisée comme le souvenir mais sous la crainte de s’y perdre. C’est bien derrière cet intervalle qui nous protège, que Jean-Daniel Salvat nous propose de traverser le paysage de la vie visible en transparence, fragile et fort sous le village de la fenêtre. Till Augustin, quant à lui, par le biais de ses surfaces de verres traitées à l’oxyde de fer, nous le fait traverser, nous incitant ainsi à nous perdre de l’autre côté. S’inscrivant dans la lignée d’artistes tels que Pollock ou Rothko, Jean-Daniel Salvat réinvente la relation à l’œuvre. Pour lui qui dit qu’être peintre, c’est d’abord « être chercheur en peinture », la toile est dépossédée de sa matière même et fait surgir de son effacement (pas de châssis visible, surface lisse…) les éclats de compositions colorées dans une esthétique glacée brouillant des pistes… Peignant au verso d’un vinyle souple transparent, toute trace tactile est effacée laissant une surface lisse comme aseptisée, troublante, car le jeu organique avec la peinture, la part obscure du travail de l’artiste nous étant cachée comme un secret bien gardé dont la toile ne conservait que cette brillante (dans les deux sens du terme) apparence où se côtoient en silence élégance et violence organique ; pulsion cristallisée dans d’audacieuses rencontres de couleurs, des créations d’accords inédits, compositions se complétant pourtant avec tant d’harmonie que l’œil du spectateur est sans cesse alerte… « peinture sans transcription émotive » fabriquée « dans un état d’esprit de vacuité », tel est le travail artistique de J-D Salvat, bousculant la relation à l’œuvre écrite dans cette rupture marquée par le contraste du travail du peintre et du rendu. Till Augustin quant à lui, nous invite à nous perdre ; mais comme Jean-Daniel Salvat, il joue avec différents degrés de compréhension. Sculpteur allemand, Till Augustin, taille incise et façonne des blocs complexes avec toutes sortes d’instruments qui nécessitent une force, une certaine violence en même temps qu’une précision d’horloger pour créer ces pièges esthétique, prisons de verre et de fer, escaliers de château de conte de fée ou bunkers terrifiants et sombres. En deux parties, certaines de ses œuvres, exposées en parallèle de celles de J-D Salvat, ont d’un côté la transparence du verre, part abyssale où l’œil traverse de part en part l’œuvre, se perdant, au vertige du trompe-l’œil qui ne sait se distinguer le solide du seul dessin de verre, et part obscure du fer oxydé, brute, du lieu à l’abandon, son aspect sale pouvant dans un premier temps le laisser paraître repoussant ; il faut s’approcher pour découvrir la beauté cachée, et les moins farouches découvriront les joies du vertiges dans le labyrinthe d’un palais de glace. Les œuvres des deux artistes conjuguent une quête en parallèle, qui déjoue, par des moyens différents, les apparences premières et la relation à l’objet d’Art ; car si « être peintre est être chercheur en peinture », le travail du spectateur, de l’amateur d’Art est sensiblement le même… Il est lui aussi, chercheur, sans cesse en mouvement quant à sa position, sa relation à l’œuvre d’Art. Merci au DNA pour cette mise en lumière. Merci au DNA pour cette mise en lumière.
Till Augustin et Jean-Daniel Salvat

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