Estelle Lagarde a eu l’honneur d’avoir un bel article dans le journal DNA.

Pour une lecture plus facile, voici ci-dessous une retranscription :

Estelle Lagarde en toute transparence

« Dans sa très spectrale série L’auberge, la photographe Estelle Lagarde met en scène une mémoire de l’enfance qui s’en va tisser d’inquiétantes fictions.

 

L’accrochage dans la galerie Radial Art Contemporain ne se limite pas à des photographies installées au murs. Il participe aussi de l’installation avec de nombreux éléments de décor (table, chaise, marmite, trophée de sanglier, table de nuit, réveil…) ou des vêtements qui font écho aux images d’Estelle Lagarde.

Celle-ci, durant son enfance, il y a plus de vingt ans, passait ses vacances en Corrèze chez une personne de sa famille qui y tenait une auberge. Le temps depuis s’est écoulé et l’établissement a changé de mains. « Mais Estelle y est retournée et à découvert que finalement peu de chose avait changé », raconte Frédéric Croizer.

Le galeriste strasbourgeois consacre à la photographe, qui vit et travaille à Paris, sa troisième exposition.

On retrouve-là ce travail de mise en scène, de fictions spectrales avec effets de surimpression qu’elle avait déjà développé dans sa série Maisons d’arrêt, présentée à Strasbourg en Janvier 2014. Mais avec L’auberge, c’est d’un autre huit clos qu’il s’agit. Papiers peints à fleurs seventies, mobilier délicieusement désuet, couvre-lit matelassé d’un autre temps, vêtement vintage : la mémoire est au cœur de la série dans une narration qui n’entend pas rejouer des scènes vécues. 

Car c’est bien d’abord le territoire d’un non-sens que l’artiste investit : une femme y envoie une côte de bœuf au visage de son compagnon, une autre, très digne, fume sa cigarette avec un invraisemblable chapelet de saucisses autour du cou tandis qu’une troisième vide rageusement une bouteille de vin rouge sur la tête d’un jeune homme – intitulé, très drôle, de cette dernière image : Tu me saoules…

Avec son cortège de garçon en communiant ou d’enfants dévorant des sucettes, on subodore qu’Estelle Lagarde s’inspire tout de même un peu de son passé sur lequel se greffent des fictions qui tiennent de l’absurde.

L’esthétique vieillotte d’un lieu hanté de figures fantomatiques ou au contraire, affichant une présence très inquiétante donne parfois l’impression de se promener dans une version corrézienne de Shining. Avec beaucoup d’à-propos, Frédéric Croizer interroge le visiteur : « Oserez-vous rejoindre les clients de L’auberge ? » Oui, mais comme on irait prendre un train fantôme…« 

 

 

Merci pour cette mise en lumière.

 

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