Frank Fischer a eu l’honneur d’avoir un bel article dans le journal DNA.

Pour une lecture plus facile, voici ci-dessous une retranscription :

L’hommage radicale à Tomi

« L’univers de Tomi Ungerer a marqué son enfance. Trois bonnes décennies plus tard, le peintre suisse Frank Fischer rend, dans sa ville natale, un hommage très radical au célèbre dessinateur strasbourgeois.

 

EFFET DE SURPRISE assuré ! 

Pour qui s’attend à un travail qui restituerait plus ou moins l’univers figuratif de Tomi, la série de peintures que présente Frank Fischer, 43 ans bouleverse passablement les repères. Sur de grands panneaux d’aluminium, des coulures de laques, composent une trame verticale multicolore aux lignes très serrées. Sur le bord inférieur du panneau d’aluminium, de petites gouttes de laques dessinent dans l’espace leurs contours arrondis.

Émerge ainsi une abstraction géométrique dans laquelle on aurait du mal à retrouver les silhouettes familières des trois brigands ou le visage à la rondeur spectrale de Jean de la lune. 

 

Avant Tomi, Denis René…

« Pourtant, chacune de ces œuvres trouve son origine dans un dessin de Tomi. J’en réinterprète méthodiquement les couleurs en partant de la base de l’image, couleurs que j’étire ensuite en les faisant couler jusqu’à l’autre bout de la surface », explique l’artiste suisse qui vit et travaille à Zurich et dont les tableaux sont diffusés dans plusieurs pays d’Europe mais aussi à New-York, Miami et Hong Kong.

Ce n’est pas la première exposition à Strasbourg de Frank Fischer. Ni son premier hommage rendu à une figure de l’art. En 2014, le peintre avait ainsi, et là aussi à l’invitation de son galeriste strasbourgeois Frédéric Croizer (Radial Art Contemporain), convoqué la figure de la célèbre galeriste parisienne Denise René. Il réinterprétait alors quelques-uns des artistes abstraits qu’elle avait défendus tout au long de sa carrière. 

« Denise René avait été la galeriste d’Arp, né à Strasbourg et elle-même appréciait cette ville. Je ne passe pas mon temps à saluer la mémoire des gens que j’admire, dit-il dans un grand sourire. Mais parfois, j’aime bien, en arrivant quelque part, présenter un travail qui réponde à son histoire, qui crée des résonances ». 

Le regard gourmand, il raconte comment, enfant il dévorait les livres de Tomi. Et évacue sans complexe le paradoxe qui consiste, dans un hommage rendu à un dessinateur, à évacuer totalement son dessin pour le « réduire » à de simples lignes colorées : « En saluant Tomi Ungerer, je ne renonce pas pour autant à mon propre travail. » Pour saluer un éminent figuratif, il n’en demeure pas moins un abstrait…« 

 

 

Merci pour cette mise en lumière.

 

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