Pierre-Alain Münger a eu l’honneur d’avoir un bel article dans le journal FLUX NEWS.

Pour une lecture plus facile, voici ci-dessous une retranscription :

Une association physique-esthétique

« Dans sa petite galerie de quai de Turchkeim, Frédéric Croizer choie Pierre-Alain Münger(1977). Ce Suisse est hanté par les métamorphoses. Il est aussi obsédé par les résultats des tensions sur des matériaux. Et comme il s’intéresse aux voitures, il en a fait l’instrument principal de sa création après avoir été l’assistant du sculpteur Carlo Borer. 

César compactait les bagnoles. Münger les crashe, soumet leur métal à des pressions, des distensions, des ruptures. Le résultat est souvent une sorte d’oxymore visuel entre la rigueur design de la matière de base et la transformation subie, la disjonction ou la dislocation qui s’ensuit. 

L’artiste obtient une sculpture qui possède l’attrait de l’abstraction géométrique et l’inattendu de l’action lyrique spontanée. Ce à quoi la mise en action des lois de la physique, des constantes des formules de la résistance des matériaux aboutit à une sorte d’équilibre entre la beauté fonctionnelle de ce qui a présidé à l’apparence d’une automobile et l’évidence en partie aléatoire de ce qui l’a contraint à céder sous la traction ou la poussée.

Bien sûr, le choix des teintes d’une carrosserie, des grilles supports, des sangles ou des vérins dépend de Münger. Et la part d’impondérable, une fois l’acte entrepris, appartient à un hasard non totalement maîtrisable. C’est cela qui fait qu’il ne saurait pas être question ici de ready made à la Duchamp mais bel et bien de gestes susceptibles d’amener à une forme nouvelle, à une harmonie fugitive quoique évidente. 

En cela, cette production n’est pas tellement éloignée des recherches d’une Anne-Charlotte Yver qui, à propos de ses sculptures expérimentales, affirmait : « Je creuse des intuitions par la manipulation des matériaux, l’épreuve de leur résistance, de leur déplacement, de leur gravité ». Et lorsqu’Alain-Pierre Münger revient à la peinture proprement dite, il reprend, avec des techniques plus traditionnelles, les couleurs de la tôle ou des gilets de sécurité, voire des airbags ou des supports métalliques. Il lui arrive même d’ajouter à une toile des fragments automobiles.

La réalisation de ces travaux est une façon de considérer comme une réalité esthétique urbaine ce qui a été imposé en tant que premier instrument de la mobilité des gens. Chaque pièce devient au surplus une insertion dans le temps puisque chacune représente un moment précis de son existence, celui où, la tension étant poussée à son maximum, la matière réagit, entrainant sa propre métamorphose. « 

 

 

Merci pour cette mise en lumière.

 

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